jeudi 16 février 2012
A qui, à quoi sert l'école?
La réponse évidente est que l'école a été crée pour les élèves ; que la responsabilité de chacun, politiques, professionnels, parents, est que fonctionne un système scolaire le mieux aapté aux réalités et exigences du développement enfantin.
J'ai construit un tel système en 1971, le projet d'école fondamentale, à partir de ces observations, qu'un enfant "nul" n'existe pas, qu'il a au moins un sujet d'investigation, que les enfants et adolescents ont des rythmes de développement et d'apprentissage différents ( le langage officiel les dénature dans l'expression "échec scolaire"), que les conditions de leur réalisation sont la continuité du parcours scolaire, l'individualisation de l'intervention pédagogique, la détection et la prévention précoces des handicaps. J'en rappelle les détails, je redis les raisons de son échec dans "i majuscule, comme Instituteur"
Il existe une autre approche, millénaire, antagoniste qui entend conformer les enfants et l'organisation scolaire aux exigences affinitaires d'adultes, sociales, religieuses, professionnelles, politiques. Cette approche est actuelle et menaçante; il suffit de parcourir le programme UMP de janvier 2012 pour le constater
lundi 13 février 2012
i majuscule comme Instituteur
Ne soyons pas dupes
"i majuscule comme Instituteur" éditions Bruno Leprince 62 rue Monsieur le Prince 75006 Paris
presse@graffic.fr
dimanche 24 juillet 2011
Réflexion succincte sur 5 décisions du Conseil d’Etat
Le Conseil d'État les commente dans un communiqué de presse qui suscite les réflexions suivantes.
Le fil conducteur de la position adoptée par le juge administratif suprême (Section du Contentieux) est dans son titre: "interprétation et conditions d'application de la loi du 9 décembre 1905"
Ce sont des directives adressées aux Cours Administratives d'appel dont il a la tutelle, en réaction à des jugements de celles-ci qu'il estime ou mal fondées ou erronées.
L'orientation de ces directives est claire. Il ne s'agit pas de les fixer par rapport au principe laïque de séparation des Églises et de l'État, mais d'adapter la loi de 1905 aux comportements religieux d'aujourd'hui. Le Conseil d'État se situe ainsi dans l'air du temps, en particulier la démarche de l'UMP et du Chef de l'État
L'interprétation porte sur deux aspects.
1- Devant le nombre de textes législatifs applicables qui ont fait suite à cette loi, le Conseil d'État considère qu'elle "doit être articulée avec d'autres législations qui y dérogent ou y apportent des tempéraments".
En clair, cela signifie pour le Conseil d'État que la loi du 9 décembre 1905 est une loi ordinaire et n'a pas la qualité de constitutionnalité que lui donne l'interprétation laïque. Il rejoint en cela le rapport Machelon.
2- Il glisse (curieusement!) des restrictions "édictées dans
l'intérêt de l'ordre public" (art. 1er de la loi de 1905) vers la notion apparemment nouvelle d' « intérêts publics locaux » en relation avec des
cultes.
Ces intérêts publics locaux, dépendant de situations cultuelles deviennent l'élément déterminant de la décision à prendre..
Certes, il est recommandé d'accompagner toute participation des collectivités territoriales, de la signature d'une convention ou d'un contrat d'utilisation dont les clauses tarifaires doivent être conformes aux conditions du marché et ne pas constituer une libéralité à un culte.
Néanmoins, les critères susceptibles de motiver une décision apparaissent très vagues et sources d'interprétations subjectives, donc difficilement appréciables.
Ainsi peut-on lire, à partir du cas de l'équipement de l'église de Fourvière par un ascenseur:
"l'équipement
ou l'aménagement projetés doivent présenter un intérêt public local, lié notamment à l'importance de l'édifice pour le rayonnement culturel ou le développement touristique et économique du territoire de la collectivité et il ne doit pas être destiné à l'exercice du culte"
De telles lignes directrices ne manqueront pas d'entraîner des appréciations diverses et des décisions inégales . Quels critères ?. Qui en fixe le cadre, les limites? A partir de quels critères « touristiques » et « culturels » une communauté religieuse sera fondée à Lourdes, Lisieux ou autre lieu de pèlerinage, d'obtenir un financement de ses activités par la Commune ou une autre collectivité ?.
Les décisions du Conseil d'État ne satisfont pas son intention de clarifier les conditions d'application de la loi fondatrice de séparation des Églises et de l'État.
Par contre, elles éclairent les menaces qui l'environnent par les temps présents.
mercredi 1 juin 2011
Sur l’enseignement qui se dit libre
Nous avons reçu ce témoignage qui illustre la situation présente de trop d'enseignants des établissements d'enseignement privés sous contrat.
Le mari de l'une d'entre elles, témoin de ses angoisses, s'insurge contre les "pressions incessantes de la part de leur hiérarchie confessionnelle (directeurs diocésains et chefs d'établissements) du fait de leur liberté de conscience"
"On les pousse à assister à des manifestations religieuses, sous peine de sanctions". Ces autorités réligieuses invoquent évidemment l'incompétence pour obtenir leur démission ou leur soumission.
Cette personne pose la question de bon sens :" clarifier la position des enseignants de ces ètablissements à caractère propre confessionnel" alors que ces enseignants " sont des agents publics".
C'est bien le paradoxe de la loi Debré qui prétend concilier le caractère propre de ces établissements et le respect de la liberté de conscience. Les législateurs ont réussi cet exploit de faire dépendre ces enseignants de deux statuts, celui de la Fonction Publique ( leur carrière, leurs salaires sont identiques) et le code du Travail pour leur situation de "travailleurs" d'une entreprise privée...
Ce témoin a raison de s'indigner: "Sachant que c'est l'argent public qui finance l'enseignement confessionnel, doit-on tolérer ce genre d'exagérations qui se multiplient? La gauche aura-t-elle cette fois-ci le courage de ses opinions et de remettre à plat tout ce système malsain?
Il faut en effet choisir.
Liberté de conscience et « liberté religieuse
Le groupe parlementaire de l'UMP soumet, ce 31 mai, à l'Assemblée Nationale une résolution surprenante consacrée au "respect des principes de laïcité et de liberté religieuse".
Surprenante car, à sa lecture, on comprend qu'il s'agit en fait de rappeler à l'ordre, d'encadrer, les pratiques cultuelles d'une religion qui semble, seule, lui donner quelques démangeaisons, la religion musulmane.
Surprenante surtout par cette dissociation éclairante entre laïcité et "liberté religieuse" que propose l'intitulé.
La laïcité est fondée d'abord sur la liberté de conscience dont la définition n'est pas contestée: la liberté de croire ou de ne pas croire.
La "liberté religieuse", la liberté de croire, est donc un élément de cette grande conquête que fut la liberté de conscience.
C'est ce qu'affirme l'article 10 de la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789: nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses"Ce "même religieuses" est explicite.
C'est ce que redit l'article 1er de la loi du 9 décembre 1905, que le texte de l'UMP omet de viser! Par inadvertance? "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit l'exercice des cultes..."
Ceci explique qu'en France, cette notion de "liberté religieuse" n'a pas de réalité juridique
L'UMP trahit ici une conception réductrice qui est un gigantesque retour en arrière.
Le Pape Grégoire XVI, qui admettait la "liberté religieuse"ne déclarait-il pas "impie" la liberté de conscience( comme la liberté de la presse!) dans son encyclique "mirari-vox" (1832).
On comprend mieux le travail de destruction de la laïcité de l'école de ce parti et de ses appellations antérieures, au bénéfice d'entreprises privées confessionnelles.
Guy Georges
Ancien Secrétaire Général du SNI-Pegc
Responsable « laïcité »du Club « Gauche Avenir »
mardi 24 mai 2011
L’enjeu de toute élection
L'enjeu de la future élection présidentielle sera-ai-je entendu- économique et écologique. C'est en partie vrai, ou précisément, c'est vrai par les conséquences qu'induiront des choix idéologiques, qu'ils soient affirmés ou cachés. La droite conservatrice a un credo néolibéral clairement affiché . "L'égalité dans notre société est contraire à la liberté"déclarait M. Sarkozy il y a un an à St Quentin, reprenant la métaphore du renard libre dans le poulailler libre de l'abbé Lamennais il y aura bientôt deux siècles. Pour le néolibéralisme de M. Sarkozy, une société ne peut être qu'inégalitaire pour être libre. Ses décisions, ses propositions, ses intentions le prouvent. Il n'est pas suffisant, il serait même suicidaire d'élaborer des contre-propositions qui seraient guidées seulement par une évaluation consumériste, parce qu'il faudrait être en phase avec l'opinion que l'on dit droitière, si ces propositions n'étaient inspirées, nourries par l'idéologie propre à la gauche, le progressisme égalitaire. Aux premiers rangs de ses valeurs figure la laïcité de l'Etat et de ses services publics. C'est bien pour cela que la droite néolibérale tente de la récupérer en la dénaturant. La parole de Jaurès est toujours actuelle " laïcité et démocratie sont indivisibles"
lundi 11 avril 2011
inquiétante poudre aux yeux
Les 26 "propositions"
La simple lecture du document rendu public par l'UMP après son "débat" sur la laïcité est concluante. Ou bien ce parti persiste dans sa déformation du sens de la laïcité, ou bien, tout aussi grave, il n'y comprend décidément rien.
Dans les six premières lignes ( en gras) de ce document figurent un oubli fâcheux et une contrevérité.
L'oubli. C'est bien de citer une partie de l'article premier de la Constitution :" La France est une République indivisible,laïque, démocratique et sociale". C'eût été mieux de citer la phrase suivante :" Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion" (c'est moi qui souligne)
C'est cette phrase qui donne tout son sens à la laïcité: l'égalité devant la loi de tous sans distinction.....
La contrevérité La loi de 1905 n'a pas précisé les cultes auxquels elle s'appliquait.. La liberté des cultes concerne donc les cultes de cette époque aussi bien que les cultes à venir. Et elle s'applique, comme toute loi à tous les citoyens sans distinction etc...Ecrire que la loi de 1905 " a permis d'organiser les rapports entre la République et les cultes catholique, protestants ou juif (et) ne concerne aucun autre culte " est une contrevérité évidente. La loi garantit la liberté de culte (ils ne sont pas nommés) et l'Etat ne reconnaît aucun culte. Tous sont bien concernés.
Il est donc faux et fallacieux de justifier l'initiative de ce débat avec ces arguments qui ne résistent pas à l'évidence. Quand ce document pose d'emblée"Comment s'assurer que ces droits et ces devoirs sont respectés"? (respect des droits d'autrui et respect de l'ordre public). Réponse toute simple: en appliquant la loi
"Comment construire un islam de France?" Réponse C'est du ressort des citoyens qui professent cette religion, et qui doivent se conformer en tant que citoyens aux lois françaises .Idem pour d'autres religions "nouvelles" en France que l'UMP ignore d'ailleurs dans ses "louables" intentions...
Dès lors, les "26 propositions" n'ont plus lieu d'être..Ou elles sont entachées d'intentions contraires à la Constitution laïque de notre Pays
Faut-il préciser à ces donneurs de leçon de l'UMP que ces pertinentes questions qui ouvrent leur document( droits d'autrui- liberté de conscience et de culte- et devoir de respecter ces droits) s'appliquent d'abord aux responsables de l'Etat, en particulier à celui qui les représente, à Rome ou ailleurs, dans ses déclarations et ses actes? Qu'ils ont ouvert la boîte de Pandorre du communautarisme avec la loi Debré, imposée par la volonté des autorités catholiques et dont profitent d'autres courants religieux. Pourquoi donc avoir oublié cette loi dans le désastreux bilan dont ils s'enorgueillissent? Probablement parce que tel lycée musulman sous contrat grâce à cette loi Debré, propose dans son "caractère propre" des enseignements que l'UMP prétend juguler par ailleurs..
Alors, que valent ces "propositions"? Des artifices ou des injonctions dont l' objectif politicien: saute aux yeux mais qui n'aident en rien des citoyens à comprendre et vivre les lois de leur pays.