samedi 1 mai 2010

la bataille de la laïcité- 1944/2004

Connaître le passé pour mieux comprendre le présent

Pourquoi le Pouvoir s'acharne-t-il depuis si longtemps à désorganiser l'école laïque et à encourager, y compris financièrement, les entreprises privées d'enseignement?
Un regard sur les 60 ans qui ont suivi la Libération en donne des clefs. C'est une recherche à partir de documents publics de cette période. Elle est éloquente..

"La bataille de la laïcité- 1944/2004" (Guy Georges) éditions SUDEL
27 rue des Tanneries Paris (13ème)

dimanche 4 avril 2010

Coucou Monsieur Thiers

Connaissiez-vous l'association "Pour le port de la Tenue Scolaire Unique"? Elle milite pour un uniforme scolaire...Soit; plus éclairant, elle dit avoir des relations avec "l'association amie" SOS Education . Celle-là, on connaît. Parrainée par MM. Darcos et consorts,depuis de nombreuses années, elle dénigre l'école laïque, l'accuse de tous les mots de la société pour la démanteler plus aisément, et confier à l'initiative privée l'organisation de l'enseignement de la jeunesse.Récemment, elle a adressé un "référendum national" à des citoyens( Sur quels critères ? Avec quel fichier?). Les destinataires du questionnaire devaient dire s'ils souhaitaient le retour d'un examen d'entrée en 6ème, s'ils étaient favorables à la suppression de la méthode globale de lecture( affirmation récurrente sans fondement,je ne connais pas d'instituteurs qui aient utilisé cette prétendue méthode! mais qu'importe!!), sils souhaitaientque des collégiens quittent le collège pour commencer une formation professionnelle, tout cela épicé de l'habituelle diatribe contre le "pouvoir des patrons des syndicats d'enseignants qui bloquent les réformes nécessaires...
Voilà donc les raisons de la "faillite de l'Education Nationale (qui) est une tragédie"!
Revoici les thèses les plus réactionnaires, véhiculées par des mouvements comme le club de l'Horloge, qui n'ont jamais accepté le programme du Conseil National de la Résistance, la démocratisation de l'enseignement, c'est à dire l'accès de tous les enfants au savoir. Rien d'étonnant qu'ils aient empêché depuis 1944 toute réforme allant dans ce sens. Quoi d'étonnant dans la contradiction qui perdure entre des textes législatifs qui ont créé les conditions de cette démocratisation et leur impossible application parce que le blocage conservateur est le plus fort? C'est là la tragédie vieille de 60 ans' qui entretient chez ces gens l'espoir d'un enseignement privé, élitiste, qui convienne à leur "rang".
En sommes ,nous voici revenus au temps de Monsieur Thiers pour qui l'école était "un luxe", "l'instruction un commencement d'aisance et l'aisance n'est pas réservée à tous"

mercredi 31 mars 2010

commémorer le serment de Vincennes

Le 19 juin 2010, plantons un arbre de la laïcité

Il ne se passe pas de semaine sans que le Pouvoir en place et ceux qui le soutiennent ignorent et bafouent sans vergogne les lois de la République qui ont institué le principe constitutionnel de laïcité. Leur mépris est de plus en plus effrontément affiché.. Quant à l'article 2 de la loi de 1905, c'est quotidiennement que les représentants du pouvoir le ridiculisent.
Il est plus que temps de réagir et de coordonner la révolte contre une dérive suicidaire pour la république, de plus en plus fréquemment répétée.
Le 19 juin prochain (c'est un samedi..) il y aura 50 ans que 300 000 délégués des départements étaient à Vincennes pour prêter serment " de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l'évolution historique de la Nation" C'était la loi Debré, qui ouvrait la brèche dans la laïcité de l'Etat..
Ce 50ème anniversaire du serment de Vincennes ne peut se passer sans des manifestations qui marquent l'attachement de la population à cette laïcité agressée quotidiennement.
Des manifestations, certes...J'en suggère une, symbolique, qui pourrait clore ces manifestations. Ce serait de planter dans chaque commune un arbre de la laïcité.
Comme nos ancêtres le firent en plantant un arbre de la liberté. Rappelons-nous. En 1792, pour fêter la liberté conquise, le peuple planta dans chaque commune un peuplier. . Ces arbres furent en grande partie abattus ou déracinés à la restauration sur l'ordre de Louis XVIII. Avec la Révolution de février 1848, le peuple replanta l'arbre de la liberté.
En commémoration de la grande loi de 1905, pour affirmer la fidélité au serment de Vincennes, pour marquer notre volonté de ne jamais renoncer, peut-on souhaiter que toutes les forces vives de la Nation, attachées à sa laïcité, coordonnent leurs efforts et organisent une telle manifestation ?...
Guy Georges 15/03/2010
(ancien syndicaliste)

Des maires , des personnalités, sollicités depuis, ont repris cet appel..Souhaitons lui d'être contagieux...G.G.

mercredi 24 février 2010

comment domestiquer l'école laïque....

Le "Canard" signalait ce 17 février des propos de M. Guaino-conseiller et plume de M. Sarkozy- le 25 octobre sur France 5. Pour lui, les programmes scolaires résultent d' "un choix idéologique et politique", il ne faut plus qu'ils soient traités "par des spécialistes, des inspecteurs de l'Education Nationale" mais définis par ...l'Assemblée Nationale et l'Elysée...
Cela rappelle quelques souvenirs qu'heureusement l'enseignement de l'histoire nous a révélés. Napoléon Bonaparte a traité les programmes scolaires comme le souhaite M. Guaino. L'Eglise Catholique a mis dans les programmes de ses écoles des auteurs à l'index; elle a tenté, en 1906, de contrôler les livres de l'école laïque.Le Régime de Vichy ne s'est point gêné pour imposer sa concetion des savoirs...Si vous avez, comme je l'ai eue, l'opportunité de consulter les livres scolaires dans l'Espagne de Franco ou l'Allemagne hitlérienne, vous aurez quelques frissons..
Ce n'est pas propos en l'air; car le même "Canard" nous apprend que la Commission d'experts chargés de réformer l'enseignement de l'économie a découvert que les contenus qu'elle proposait ont été modifiés.. Les sujets liés à l'emploi, les revenus, les inégalités ont été supprimés... Par qui ?
Les programmes de l'école laïque ont toujours été élaborés par une Commission des programmes composée de spécialistes et de hauts fonctionnaires sous l'autorité du Ministre de l'Education Nationale. C'est ainsi que l'école laïque est indépendante, comme le souhaitait Condorcet, c'est à dire libre.
C'est ce qui irrite ces gens qui rêvent de la mettre au pas..Attention; à multiplier les petits pas, ses adversaires vont un jour faire le grand pas si les citoyens, démocrates et laïques sincères , ne réagissent pas
Le Serment de Vincennes aura 50 ans le 19 juin prochain. Va-t-on crier à cette occasion "Stop, ça suffit!"?

mercredi 10 février 2010

De qui se moque-t-on?

C'est connu; M. Sarkozy a le sens de l'amitié, à plus forte raison quand ses intérêts y sont liés. En voici une illustration.
Le fils de M. Sarkozy (p'tit Louis) est scolarisé depuis septembre dans un pays étranger, le lycée français de Doha..Il n'y a pas d'établissement en France digne de l'accueillir. Mais il y en a de nombreux à l'étranger, pour les enfants d'"expatriés" et ...aussi d'usagers au solide portefeuille . 80 000 enfants français pour un total de 160 000 élèves. Ces établissements sont très cotés et ...payants. Certes, les familles françaises peuvent bénéficier de bourses à condition de gagner moins de....65 000 € par an. Pas vraiment le SMIC !!
Pour M. Sarkozy, ce n'était pas assez. Il a annoncé le 20 juin à Athènes que l' "Etat " assurerait la gratuité des frais de scolarité à compter de la rentrée 2009 et par étapes. Simple coïncidence, me direz-vous, M. Sarkozy n'ayant pas manqué de faire " constater la générosité des pouvoirs publics". Merci pour ces familles nécessiteuses qui gagnent pour certaines quelque millions d'euros par an. Merci pour les entreprises qui assumaient ces dépenses de leurs employés et rentrent leur chéquier. Merci aux contribuables qui vont payer la facture. Le calcul a été fait par l'Agence Française de l'enseignement à l'étranger. La bagatelle de plus de 700 millions d'euros en année pleine
C'était certainement plus urgent que de créer quelques postes de surveillants dans des lycées comme celui de Vitry sur Seine. Les caisses sont vides dit le Gouvernement qui saccage l'enseignement français en France. Mais elles ne sont pas vides pour tout le monde.....

mardi 19 janvier 2010

Sauvons l'Ecole Maternelle

C'est le titre d'une excellente émission que peu de téléspectateurs ont vue...Et pour cause! Ce n'était pas sur une "grande" chaîne à 20 h 35...Seulement sur la "Cinq", ce mardi 19 janvier, à 9 heures, quand la France travaille...Il y fut question de ces "jardins d'éveil", initiés par Mme Morano, quelques semaines après la retentissante provocation de Mr Darcos, en juillet 2008, au Sénat, souvenons-nous : pourquoi payer des enseignants à bac plus 5 pour changer les couches d'enfants de 2 ans.. Simple coïncidence !!!.Qu'est-ce qui se cache derrière ces jardins, dont le Professeur Montagner observa l'inutilité dès lors que crèches et écoles maternelles répondent aux besoins? La réponse fut donnée par une maman qui a préféré inscrire son petit dernier de 2 ans dans une telle structure ( 24 enfants encadrés par 4 adultes pour 155€ par mois) au lieu de le confier à la section des2/3 ans de sa commune (42 inscrits) Voilà illustré le mécanisme qui conduit, depuis des décennies, à tous les niveaux, à rebuter les familles du service public : il suffit de restreindre les moyens nécessaires à un bon fonctionnement de ce service pour le discréditer et justifier la naissance de structures concurrentes et ....payantes. Ensuite, rien de plus naturel que de créer un prolongement de ces jardins ...payants, pour les enfants de 3 à 4 ans....Même mécanisme à l'autre extrémité de l'école maternelle. Pourquoi ne pas apprendre à lire dès 5 ans et rattacher la grande section à l'école primaire?.Ce fut déjà le projet de Mr Haby et sa secrétaire d'Etat Mme Lesur, qui envisageaient de faire éclater l'école maternelle, dans les années 1975...
Pourquoi cet entêtement à faire disparaître ce fleuron que l'étranger nous envie? "Cela coûte cher" mon brave monsieur. Le directeur d'école maternelle et Hubert Montagner ont bien rappelé le rôle décisif de ce moment pour le développement de l'enfant. Mais ça n'est pas coté au CAC 40, mon brave monsieur...
Une autre maman a dit le fin mot, elle qui choisit l'école maternelle. C'est une école laïque, gratuite, où les enfants sont ensemble, à égalité de chances; c'est un service public.
Ce sont des mots qu'on aime pas aux commandes de l'Etat, des"gros mots".

jeudi 24 décembre 2009

identité nationale

En conclusion d'un discours aux accents cocardiers qu'il consacrait à l'"identité nationale française", M. Sarkozy, le 12 novembre proclamait " Ceux qui ne veulent pas de ce débat, c'est qu'ils en ont peur. S'ils ont peur de l'identité nationale française, c'est qu'ils ne la connaissent pas".

Si vous aviez eu le coeur à en rire, vous auriez pensé à cette chanson de Salvador "Nos ancêtres les gaulois..."
Mais cette proclamation qui rappelle une autre époque n'incite pas à rire.

La France que j'aime n'est pas celle de Déroulède et des "Croix de feu"
La nation n'est pas "un principe spirituel qui se nourrit de la beauté des âmes" (dixit M. Sarkozy). Elle s'est construite dans la révolte contre l'injustice, l'inégalité, le pouvoir régalien des nantis, un certain 14 juillet 1790. Parce que des représentants des provinces ont décidé de se "fédérer", de se donner des lois communes quelles que soient leur histoire, leurs traditions, leurs croyances. Le drapeau français n'est pas que cet étendard "qui s'est couvert de gloire sur tous les continents",- pas toujours au nom de la liberté, hélas-. Le blanc de la royauté, du pouvoir absolu, emprisonné par le bleu et le rouge des couleurs de Paris en révolte, c'est un symbole de liberté et d'égalité, de la vraie identité française. Je préfère rappeler cette réalité-là aux jeunes.
La nation française, c'est toujours cette agrégation d'hommes et de femmes qui décident de vivre ensemble sans distinction de race, de religion, de coutumes; qui espèrent vivre la liberté, l'égalité, la fraternité chères à l'histoire de la France. Ce ne sont pas que les "chrétiens, juifs et musulmans" auxquels M. Sarkozy s'adresse exclusivement comme si ceux qui ne croient pas (50% de la population en 2004) n'existaient pas..C'est l'ensemble des citoyens qui font la part entre leur spriritualité ( les athées en ont une , M. Sarkozy) et la règle de vie commune. Ce sont ces citoyens qui paient l'impôt pour participer à l'effort collectif d'amélioration de la vie de tous les jours (écoles, hôpitaux , routes, transports ....). Contribuer selon ses moyens, être aider selon ses besoins...
Méritent-ils cette qualité ceux qui,célébrité clinquante et fortune acquises, se hâtent de s'installer en Suisse ou ailleurs pour échapper à ce geste de solidarité citoyenne? Il ne semble pas que M. Sarkozy s'adresse aussi à eux quand il admoneste :" On ne peut pas vouloir bénéficier des droits sans se sentir obligé par les devoirs" Qu'ils donnent donc l'exemple....

Comment débattre de concepts aussi contradictoires? Les "petites gens" connaissent la France que veut bâtir M. Sarkozy, inégalitaire, mercantile, partisane...Et lui ne semble pas connaître la leur...